Kikujirô no natsu

L'Eté de Kikujiro : Affiche

Masao s’ennuie. Il habite Tokyo avec sa grand-mère qui travaille toute la journée. Grâce à une amie de cette dérnière, Masao rencontre Kijujiro, un yakusa vieillissant avec lequel il part à la recherche de sa mère, qu’il ne connait pas et qui vit au bord de la mer.

Takeshi Kitano oublie un temps l’ultra-violence et signe un joli road-movie inspiré du Kid de Chaplin. Dès le générique montrant le cahier de Masao, Kitano nous plonge dans l’ambiance enfantine de son film, car si Kikujiro est censé veiller sur Masao, il se révèle être encore plus immature que ce dernier, n’hésitant pas à perdre l’argent du voyage aux courses au bout d’une journée. La relation entre les deux personnages s’apprivoisant l’un l’autre est très belle, Kitano cherchant comme son personnage à désamorcer par la joie la mélancolie de l’ensemble (Masao a été abandonnée par sa mère, obligée de trouver du travail à l’autre bout du Japon). Les plans sont superbes, plusieurs scènes sont cocasses et la musique inoubliable de Joe Hisaichi sublime encore cette jolie histoire aux personnages attachants. On en ressort ému et le sourire aux lèvres car si pour Kitano, la fin de son film est pessimiste, je la trouve au contraire lumineuse et d’une rare émotion. Kitano signe là un de ses films les plus poétiques et les plus touchants qui devraient ravir y compris ses détracteurs.

Eden log, Cornillac bon

Eden Log : Affiche

Un homme reprend conscience au fin fond d’une grotte. Tolbiac n’a pas la moindre idée des raisons qui l’ont amené jusque-là, pas plus qu’il ne sait ce qui est arrivé à l’homme dont il découvre le cadavre à côté de lui. Seule solution pour échapper à la créature qui le poursuit : remonter jusqu’à la surface à travers un réseau aux allures de cimetière et abandonné par une mystérieuse organisation, Eden Log.

S’inscrivant durablement dans notre esprit, Eden Log est un film de sf ambitieux qui, malgré un cruel manque de moyens, nous propulse dans un univers oppressant et fascinant d’où se dégage une forte atmosphère claustro. La mise en scène nerveuse est visuellement soignée, l’interprétation glaçante de Clovis Cornillac est magistrale, les thématiques très riches du scénario sont intriguantes et la magnifique partition ensorcelle durablement, malheureusement les mystères du scénario restent plus qu’obscurs la faute à une narration trop disparate et les rares seconds rôles ne sont pas des plus convaincants. Audacieux et inventif, Eden Log est un ovni cinématographique fascinant qui n’est pas exempt de défauts mais qui propose une expérience sensorielle hors norme. Certains adoreront, d’autres détesteront.